Pages A4 - 293 à 298.

 

 

10. 4- Folklore et tourisme A.

(1974-1981)

 

 

 

 

 

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                                       Au printemps de 1974, nous fîmes quelques visites de sites touristiques en compagnie de ma mère et de ma belle-sœur. Nous avions tout d'abord profité de la période d'ouverture au public des serres royales de Laeken, car elle ne dure que quinze jours. C'est une construction architecturale composée de métal et de verre, réalisée par l'architecte Alphonse Balat dans le parc royal de Bruxelles à l'initiative Léopold II, le roi bâtisseur. C'est un complexe qui revêt l'apparence d'une ville de verre implantée dans un paysage vallonné. Les pavillons monumentaux, les coupoles de verres, les larges galeries qui parcourent comme des rues couvertes, sont beaucoup plus qu'une anecdote sur les applications du fer et du verre, dans le style de l'Art Nouveau, tout en jouant le rôle protecteur des plantes exotiques et son actuelle collection relève une triple valeur exceptionnelle. Tout d'abord, certaines d'entre elles appartenant aux plantations originelles que Léopold II fit ramener des expéditions au Congo, existent encore. D'autre part, les plantations répondent toujours, dans leur ensemble, à l'esprit qui présida aux plantations d'origine et les serres contiennent également énormément de plantes rares de grande valeur. Nous découvrons ainsi le jardin d'hiver, l'orangerie, l'embarcadère, la serre tropicale et ses nombreuses galeries qui les relient sont remplies de géranium, fuchsias, azalées, medinillas, etc. Elles sont parsemées de vases chinois ramenés d'Extrême-Orient, de statues dont deux de Charles Van der Stappen, l'Aurore et le Soir et même d'énormes palmiers.

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                                       Se trouvant non loin de ces serres, nous avons ensuite parcourus le Jardin Botanique National de Meise, l'un des plus grands d'Europe. Il est installé dans le domaine du château de Bouchout, d'une étendue de 92 hectares. Il comporte deux départements de recherche, un herbier d'environ trois millions de spécimens, accessibles aux chercheurs, une bibliothèque qui comprend 60.000 ouvrages de botanique et quelques 10.000 revues spécialisées ainsi que de vastes collections de plantes vivantes, comportant 18.000 espèces et variétés distinctes. Les plantes tropicales et méditerranéennes, ainsi que toutes les espèces craignant le gel sont hébergées dans un complexe de serres conçues également par l'architecte Alphonse Balat. Treize grandes serres entourent vingt-deux serres de collection plus petites, couvrant ensemble une surface d'un hectare, dont la hauteur varie entre 8 et 16 mètres, abritent des orchidées, rhododendrons, conifères, cactus, érables, palmiers, fleurs exotiques, plantes médicinales, plantes aromatiques, plantes tropicales soit 18.000 espèces.

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                                       Par une autre belle journée ensoleillée, nous nous sommes rendus à Chimay. Située sur une bande calcaire de la Calestienne qui sont des terres propices à la culture et forme une grande clairière ouverte dans la forêt ardennaise. D'abord simple seigneurie, ensuite un comté, puis Chimay fut érigé en principauté par Maximilien d'Autriche en 1486. La ville abrite le château des Princes de Chimay où demeure la Princesse Élisabeth de Chimay, et la collégiale Sts. Pierre et Paul. Non loin, à Forges, se trouve l'abbaye Notre-Dame de Scourmont où des moines cisterciens trappistes fabriquent la célèbre bière et des fromages. L'Eau Blanche qui traverse la ville prend sa source dans un étang situé à cheval sur les territoires de Chimay et de Momignies. S'y promener, c'est véritablement renouer avec le charme d'une localité vieille d'un millénaire. En parcourant ses venelles aux maisons resserrées, ses vieux escaliers menant aux lavoirs et aux remparts, se découvre son aspect médiéval évocateur d'un passé riche en histoire. Le château de Chimay, construit sur un éperon rocheux, surplombe l'Eau Blanche d'une vingtaine de mètres; il est proche de la base de deux grosses tours carrées, jadis comprises dans l'ensemble défensif de la ville. Ce château appartenait à la famille de Croÿ; en 1804, à un Riquet de Caraman, descendant de Pierre-Paul Riquet, constructeur du canal du Midi en France, et parent du fameux Mirabeau. Incendié partiellement en 1935, il a été construit sur des plans anciens dans le style de la Renaissance finissante.

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                                       À proximité s'étend le lac de Virelles. C'est un étang semi-naturel créé pour les besoins de l'industrie métallurgique locale qui auparavant était une étendue marécageuse. Pour alimenter en eau la roue de la forge toute proche, une digue fut construite en 1580 et donna naissance au lac. Couvrant une superficie de 125 hectares, c'est une réserve naturelle qui est fréquentée par de nombreux promeneurs et autant de naturalistes. L'aire de détente offre des possibilités de restauration, des locations de pédalos et des jeux d'enfants. Au début du 19e siècle fut érigé sur les bords du lac le Pavillon de Madame Tallien, aujourd'hui propriété de l'association Natagora. À l'aube de l'indépendance de la Belgique, Theresa de Cabarrus (Madame Tallien) aurait écrit à son mari, François Joseph de Riquet de Caraman, 15e Prince de Chimay, une lettre dans laquelle elle expliquait avoir eu l'assurance verbale du ministre de Prusse, le Baron de Brokhausen, que Chimay appartiendrait bien au nouveau Royaume de Belgique. C'est l'existence de cette lettre datée du 23 août 1815 qui est relatée à l'entrée de ce pavillon.

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                                       Chaque année, de mai à septembre, il ne se passe guère de dimanches où l'on ne marche dans un ou plusieurs villages situés entre les rivières de la Sambre et de la Meuse en Wallonie. Ces Marches de l'Entre-Sambre-et-Meuse trouvent leurs origines dans les processions religieuses du Moyen-Âge de la Fête-Dieu. L'escorte militaire qui les accompagnait avait pour but d'en rehausser l'éclat et de rendre les honneurs au saint invoqué qui a miraculeusement intercédé en faveur de la communauté locale, notamment lors des épidémies de peste du XVIIe siècle. Elles sont composées de compagnies spéciales d'archers et d'arbalétriers, puis d'arquebusiers qui furent les ancêtres des marcheurs. Aujourd'hui, au son des fanfares, des tambours et des fifres, les hommes des villages reconstituent les escortes, et en costumes d'époques, inspirés du 1er ou du 2e empire français, mais également de l'ancienne Garde Civique belge, accompagnent leur procession suivant un itinéraire fixé par la tradition. Les marcheurs défilent avec des batteries et des fanfares en offrant un spectacle d'une exceptionnelle beauté.

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                                       Le repas lors de la communion de sa filleule Pascale Clément se déroulait en 1977 dans une salle de Vedrin le jour traditionnel de la Marche Saint Eloi. Cette compagnie a été créée en 1970 et est composée de "Grenadiers" vedrinois en commémoration de la dernière bataille de Napoléon en 1815 de l'armée Grouchy, et de la retraite des troupes françaises dans les rues de Namur. Chaque année, au 1er mai, ils déambulent dans les rues de Vedin, accompagnés par les volontaires de 1830 qui sont vêtus de sarraus bleus et sont armés. Ceux-ci commémorent la bataille héroïque de quelques vedrinois lors de la révolte pour l'indépendance de la Belgique en 1830, menés par Constant Henri de Montpellier de Vedrin. Créé également en 1970 à Floreffe, la compagnie des "Turcos", sur proposition du Syndicat d'Initiative dont le drapeau de 1910 lui fut rendue. Son origine date probablement de 1886 avec l'engouement pour les troupes entre 1850 et 1870 et porter des uniformes inédits. Ils sont ainsi revêtus du costume des tirailleurs algériens: tenue bleue, guêtres blanches, fusil, yategan, cartouchière, les mains gantées de blanc et composés d'une trentaine de marcheurs avec tambours et fifres. Il fut aussi décidé qu'une Grande Marche Saint Roch défilerait tous les quatre ans dans les rues de Floreffe. C'est ainsi que le 2 septembre 1979, il y avait une dizaine de groupe soit près de trois cent marcheurs qui parcoururent ma rue dont j'avais une meilleure vue de ma fenêtre du grenier.

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                                       C'était toujours après le 15 août que nous prenions nos trois semaines de congé et que nous allions visiter quelques sites touristiques. C'est ainsi qu'en août 1979, nous nous sommes rendus à la cité mariale de Beauraing. C'est du 29 novembre 1932 au 3 janvier 1933 que cinq enfants ont été témoins, à 33 reprises, des apparitions de la Vierge Marie au jardin de l'Aubépine en prémices du drame de la seconde guerre mondiale. C'est en réponse à sa demande: "Que l'on vienne ici en pèlerinage" que les pèlerins affluent aux pieds de "Notre-Dame au Cœur d'Or". Le domaine comprend la chapelle votive, l'Abris qui entoure le Jardin des Apparitions, la Crypte Saint-Jean, l'Église du Rosaire et l'Église Supérieur.                                       

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                                       Un autre jour, nous avons contemplé le célèbre château de Belœil qui est la résidence des Princes de Lignes depuis le XIVe siècle. C'est l'une des plus illustres familles nobles belges, occupé actuellement par Michel qui est le 14e prince de Ligne et est ouvert au public. Les nombreuses salles exposent une riche collection d'objets d'art et les tableaux font honneur à la famille et à leurs exploits. Les pièces de mobilier sont signées par les meilleurs ébénistes français des 16e & 17e siècles. La bibliothèque fait 18m de long sur 6m de haut et contient 20.000 livres! Ses jardins, au cœur d'un parc de 25 ha, sont classés "Jardins Exceptionnels de Wallonie" et font partie des plus beaux jardins à la française d'Europe. Ils ont été conçu et réalisés par dix générations successives et sont entretenus fidèlement dans le souci de respecter le dessin original de 1664.

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                                         Pour nos congés de 1981, nous étions accompagnés de mes neveux Daniel et Jean-François pour aller à Rochefort, Lavaux Sainte-Anne, Durbuy, Clairvaux et Stavelot. À Rochefort, capitale touristique des Ardennes et de la Famenne, nous y trouvons tous les produits du terroir, principalement les salaisons renommées. Son église est du type roman et son château surplombe la ville. Ce dernier est divisé en 2 parties: les ruines d'un château médiéval et un château plus récent qui ne peut être visité. Nous allons alors découvrir le château-fort de Lavaux Sainte-Anne bâti au XIIIe siècle, ainsi qu'une chapelle dédiée à Sainte-Anne qui fut démolie. Le village date de l'époque mérovingienne et dépendait autrefois de la principauté de Liège. À l'origine le château n'était qu'une simple tour de surveillance et a pris au fil des ans son allure actuelle, avec son donjon et son cercle de douves. Ce n'est qu'au 17e siècle que seront construit les somptueux appartements de la cour intérieure et le portail Renaissance. Dans les caves se trouvent de nombreux objets témoignant de la rudesse de la vie paysanne. Le rez-de-chaussée est décoré de meubles d'époque et des mises en scènes y évoquent la façon de vivre au quotidien de la société. Au premier étage, une collection impressionnante d'animaux naturalisés laisse entrevoir la grande variété de la faune famennoise.

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                                         Nous poursuivons notre route jusqu'à Durbuy qui est considérée comme étant "la plus petite ville du monde". Cette dénomination fait référence à une charte de franchises octroyée par le roi Jean de Bohème, comte de Luxembourg, qui donne en 1331 le statut de ville à la cité des bords de l'Ourthe. Logée dans un écrin naturel remarquable, le site de la vielle ville est au diapason du paysage qui l'entoure. La parcourir à pied, déambuler dans le dédale des ruelles médiévales tortueuses permet d'en saisir tout le charme. L'origine de la "Terre de Durbuy" est étroitement liée à la création de la paroisse primitive de Tohogne fondée par les Carolingiens au VIIIe siècle. Son nom serait prélatine, soit un composé celtique duro-bodion, "l'habitation près de la forteresse". La ville abrite plusieurs monuments et site qui témoignent des différentes périodes de son histoire. Nous terminons notre périple à Stavelot après avoir traversé Clairvaux. Au carrefour entre forêt, technologie automobile et histoire, Stavelot vit au rythme des saisons touristiques. L'abbaye et le circuit de Formule 1 tout proche font la force de la ville. Parmi ses habitants, un poète resté célèbre: Guillaume Apollinaire. L'écrivain français y a habité à la fin du 19e siècle.

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Durbuy - Clairvaux s/Ourthe - Stavelot - Modave

                                         Pendant ces mêmes congés, nous firent un autre périple: Modave, Coo et Ronquières, mais cette fois avec sa maman et sa filleule, Pascale. C'est sur un surplomb du Hoyoux, un affluent de la Meuse, que s'élève le château de Modave. Au XIIe siècle, c'était une forteresse possédée par la famille du même nom que les terres qui l'entoure et fut vendue le 20 janvier 1642 au comte Jean de Marchin pour son fils Jean-Gaspard. Celui-ci le restaura et l'aménagea entre 1652 et 1673 pour lui donner son aspect actuel. La cour d'honneur est bordée de différents bâtiments en harmonie avec le style de la façade. Deux fermes remontant au XVIIe siècle complètent cet ensemble situé dans le cadre idyllique d'une réserve naturelle de 450 hectares. Vers 1668 fut installée une première machine, pour remonter d'une cinquantaine de mètres l'eau du Hoyoux, attribuée au charpentier liégeois Rennequin Sualem et qui a inspiré la Machine de Marly à Versailles. Nous nous rendons ensuite à la Cascade de Coo, sur l'Amblève, qui est, avec ses 15 mètres de dénivelé, la plus importante chute d'eau de Belgique. D'abords une petite chute apparut au XVe siècle et ce sont les moines de l'abbaye de Stavelot qui creusèrent au 18e siècle la grande chute, en recoupant un méandre de la rivière, pour protéger le village de Petit-Coo. Le lieu, accueillant un parc de loisirs, est une attraction touristique réputée. Un télésiège permet d'accéder à un belvédère qui offre une vue panoramique sur tout le site et les environs. Nous terminons la journée par le plan incliné de Ronquières. Construit entre 1962 et 1968, il permit la suppression de 14 écluses sur un tracé plus rectiligne, le passage de péniches de 1350 tonnes sur une dénivellation de 68 mètres et d'une longueur de 1432 mètres. L'ouvrage comporte deux bacs comportant 236 roues et qui permettent aux bateaux de franchir la chute. Chaque bassin mobile roule le long d'une pente de 5 %, tractés par câbles via un ensemble de treuils et poulies. Cette construction est un chef d'œuvre admiré par le monde entier et sa tour haute de 125 mètres est visible à des kilomètres à la ronde pour la plus grande fierté des habitants de la région.

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                                         Nous assistâmes aussi aux corsos fleuris de Jemeppe sur Sambre. Celui du 23 septembre 1979 avait pour thème: Tintin. Les chars, tous plus beaux les uns que les autres, étaient: le crabe aux pinces d'or, le secret de la Licorne, Tintin au Congo, le temple du soleil, les bijoux de la Castafiore, le lotus bleu, Tintin au Tibet, l'île noire, les cigares du pharaon, on a marché sur la Lune et Tintin & les Picaros. C'était sous un magnifique soleil et avec une foule immense qui applaudissait tout au long du parcours. En début de cortège, il y avait de nombreuses majorettes élégantes et séduisantes, suivies de la fanfare locale. Même les tracteurs étaient décorés de fleurs sublimes. Sur les chars des enfants étaient somptueusement maquillés et habillés de rutilants costumes représentant les personnages des bandes dessinées.

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                                         Le 15e corso fleuri du 30 septembre 1981 était sur le thème des fleurs et des fruits, avec les chars sur: la rose, reine des fleurs, les œillets de Nice & les citrons de Menton, l'ananas, la vigne, le bananier, le chrysanthème et la pastèque. Le soleil était encore de la partie, ce qui redorait admirablement ce défilé aux milliers de fleurs et dans une ambiance festive. C'est dommage que cette manifestation fût abandonnée par la suite.

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Voir suite: 10.7- Folklore et tourisme B (82 à 94).

                                                                                                                                                                  F.J-L : novembre 2013

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