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12. 4- Mes soucis de santé…

 

 

 

 

 

                                      

                                       La Vie est courte et nous apporte aussi des maux, des maladies et des blessures. Nous remettons à l'avenir son repos, ses joies et avec l'âge nos meilleurs moments ont disparus, ceux de la jeunesse et de la santé. La santé, c'est vivre le destin de son corps sur le chemin de nos chagrins qui arrivent avec l'âge. Cependant, tout peut basculer brutalement. Ainsi, le dimanche 20 septembre 2015, ma vue s'est troublée tout d'un coup avec une forte vue double oblique (diplopie) à l'œil gauche et un terrible mal de tête. J'attendis le lendemain mais cela ne s'était pas calmé. Ma femme me conduisit aux urgences de l'hôpital Saint-Luc à Bouge où j'étais suivi du point de vue cardiaque. Après plusieurs examens, le docteur urgentiste nous dit de nous rendre chez un ophtalmologue à Wépion. Celui-ci releva une tension anormalement élevée: 24 à l'œil droit, 20 à l'œil gauche et que c'est un glaucome chronique à angle ouvert. Cela peut entraîner une destruction lente et progressive du nerf optique. Il me fixa un rendez-vous six mois plus tard. Entre-temps, j'avais revu mon médecin traitant pour le renouvellement de médicament et l'en informa. Celui-ci me dit de plutôt consulter un neuro-ophtalmologue, mieux indiqué pour une diplopie oblique car le nerf optique peut-être atteint. J'obtins alors un rendez-vous au CHR de Namur (centre hospitalier régional) pour le 1er décembre 2015. La tension oculaire était maintenant de 20 à l'œil droit, 18 à l'œil gauche et que c'était probablement dû à une neuropathie optique similaire à un AVC. Il y a aussi une perte de l'hémichamp supérieur du champ visuel à l'œil droit. Selon les recommandations, je passais ensuite un écho-doppler du cou et holter à Saint-Luc à Bouge auprès de mon cardiologue. Tout les 4 mois, je repassais chez la neuro-ophtalmologue avec une tension oculaire stabilisée: 17 à l'œil droit, 16 à l'œil gauche et une diplopie plus légère. Le 7 et 15 janvier 2016, je passais une échocardiographie transoesophagienne (ETO) et une angiographie par tomodensitométrie des vaisseaux du cou (carotides) qui conclu à une sténose de l'ordre de 50%. Lors du contrôle du 22 mai 2017 auprès de la neuro-ophtalmologue, apparition de sclérose cortico-nucléaire débutante et une cataracte qui progresse lentement, donc à suivre.

 

 

                                       L'année 2017 fut des plus contrariantes et inattendues. Ma femme entrait le lundi 13 mars à la clinique Saint-Luc de Bouge pour y être opérée le lendemain pour la pose d'une prothèse totale du genou gauche. Il y a 5 ans (mars 2012, voir chapitre 12.2), elle avait subit la même opération au genou droit par le même chirurgien et rentrée à la maison après une semaine. Mais, cette fois elle s'est plainte à maintes reprises d'une forte douleur compressive à la jambe gauche et ne savait toujours pas faire bouger ses orteils. Le chirurgien lui invoquait que c'était l'effet prolongé de l'anesthésie? Vu son insistance, le jeudi 16 on lui fit passer un écho-doppler dont le résultat serait dû à une phlébite. Le chirurgien demanda quand même conseil à un docteur en "Vasculaire" qui fit faire une radio et la mesure de la pression des "loges", l'une faisait 42 et l'autre 60 au lieu de 30 ? À la radio fut constaté qu'une veine derrière le genou était en train de se déchirer. Ma femme fut alors réopérée de toute urgence pour lui placer un "stent" de 8 cm.  Par ailleurs, le diagnostique final était une thrombose avec le "Syndrome des loges", ce qui nécessita 2 ouvertures de 5 à 6 cm de part et d'autre du mollet pour réduire la pression.

 

                                       Les loges sont les ensembles de tissus musculaires, vaisseaux sanguins et nerfs dans les bras et dans les jambes. Il y a quatre loges: deux sont dites antérieures et les deux autres externes. Chaque loge est entourée et soutenue par du tissus épais appelé aponévrose. Étant donné qu'il n'est pas extensible, lorsqu'il y a gonflement dans une loge, cela provoque à terme que le sang circule moins bien. Le phénomène perturbe la fonction de la viabilité des tissus contenus dans chaque compartiment et entraîne une douleur aiguë due à l'augmentation brutale de la pression intramusculaire et de provoquer un œdème. Les lésions liées au syndrome des loges concernent principalement les muscles et les nerfs. Une intervention urgente doit se faire dans les 24 heures pour augmenter les chances de récupérer à terme les fonctions des muscles et des nerfs. En principe, une grande et longue incision longitudinale antéro-externe est suffisante pour permettre aux muscles de respirer grâce à la libre expansion et ainsi amoindrir l'œdème et la nécrose. Cependant dans son cas, il a fallut en pratiquer deux. C'est très rare que cela arrive lors d'une intervention chirurgicale et cela entraînera inévitablement une longue rééducation dans un centre spécialisé.

 

                                       J'ai donc passé tous les après-midi aux côtés de ma femme à l'hôpital. Après une bonne semaine, une des plaies s'était refermée progressivement mais l'autre restait ouverte d'un bon centimètre et aussi avec la même profondeur jusqu'au muscle. Entre temps, il y a le passage d'un kiné thérapeute qui lui appliquait des électrostimulations et le "kiné tec" pour la réactivation du genou. C'est seulement à la quatrième semaine lors du passage d'une chirurgienne esthétique et après quelques grattages des nécroses qu'elle décida de l'opérer à nouveau. Elle enleva tout ce qui était mort ainsi qu'une partie superficielle du muscle et recousu la plaie. Il a fallu attendre la 7e semaine pour que cette plaie soit enfin stabilisée. Le vendredi 28 avril, je la conduisis à Wavre pour 10h00 afin d'y espérer récupérer sa jambe devenue insensible et amorphe, défini comme un pied tombant maintenu par une attelle. Toute une équipe lui fait faire des exercices depuis le matin jusqu'à 15h00 et cela peut prendre 3 à 4 mois, sans aucune certitude. L'établissement possède également une piscine adaptée qui lui fait le plus grand bien. Ma femme pouvait revenir à la maison le week-end. Les progrès sont minimes et avait connaissance qu'un kiné de Malonne possédait une piscine. Elle insista pour revenir définitivement à la maison et le fit le vendredi 23 juin. Continuant les stimulations électriques, elle se voit avec ce handicap alors qu'en principe, c'était pour un aller mieux ! Cette erreur d'appréciation médicale nous a causé un fameux surcoût et le port de chaussures adaptées sur mesure pour le restant de ses jours.

                                       C'est avec cette jeunesse que je me suis confronté en jouant au foot ce mercredi 9 août 2017 mais avec moins de souplesse qu'avant. Malheur m'en a pris de mal réceptionné le ballon que m'avait lancé Ryan, mon petit neveu, en me tordant le pied gauche et m'occasionna une forte douleur. Il était midi et demi et ma femme, avec son pied tombant, ne pouvait pas me conduire en voiture. Je fis alors appel à mon frère Gaston qui m'emmena aux urgences de la clinique Saint-Luc à Bouge. La cheville était fortement gonflée avec un très gros œdème au niveau de la malléole. Après la consultation du docteur urgentiste, réalisé une radiographie, le placement d'un pansement et la confection d'un plâtre du type de gouttière pour empêcher les mouvements de la cheville, je ne suis sorti qu'à 19h30. C'était une fracture de la malléole externe avec déplacement significatif du péroné. Je reçu les recommandations d'usage notamment de toujours surélever le pied plâtré aussi bien en étant assis que couché, d'éviter au maximum de rester debout pour faciliter le retour sanguin et ainsi éviter la thrombose. Une infirmière à domicile à été requise pour pratiquer une piqure d'anticoagulant préventif pendant 6 semaines.

 

                                       Une première consultation est programmée pour le vendredi 18 août 2017 à 15h30. Je m'y rendis toujours conduit par Gaston et après avoir fait enlever le plâtre avec des ciseaux, un docteur et son assistant examinèrent mon pied. Ils constatèrent que l'hématome s'était déplacé vers les orteils et le talon, firent remplacer le pansement, demandèrent de refaire un nouveau plâtre et une nouvelle radiographie. Un chirurgien me fixa un rendez-vous pour le mercredi 23 août à 7h30 où je ne peux ni boire ni manger depuis minuit la veille et me donna un dossier d'anesthésie à remplir. Il avait programmé une ostéosynthèse par le placement d'une plaque maintenue par des vis. Le jour J, je me présentais au service d'hospitalisation accompagné par ma femme et Gaston. On m'attribua la chambre 612 au 6e étage où je restais jusqu'à 11h30. Mes accompagnants retournèrent à la maison et l'on me conduisit au -1 à l'accueil du bloc opératoire.

                                       À 12h10, je fus introduit dans la salle où se trouvait le chirurgien, son assistant, une anesthésiste et 3 infirmières. J'avais demandé une anesthésie locale qui se fit dans le bas du dos entre 2 vertèbres lombaires dans le rachis. Après la préparation cutanée d'usage, la perfusion et les champs stériles placés, l'incision se fait en regard de la fracture de façon à la visualiser. Le chirurgien réduit la fracture et la fixe avec plusieurs vis. En début d'opération, j'avais du mal à avaler ma salive vu mon hernie discale. Une infirmière relava ma tête sur un coussin et plaça un drap devant moi et je me sentis très bien installé. J'avais le bras gauche posé sur un support avec une pince au bout du pouce pour la prise de mes pulsations et la main droite sur mon ventre avec un brassard au bras pour la prise de la tension artérielle. Une couverture chauffante m'avait été placée sur mon torse. Dès l'opération terminée, le drap devant moi fut enlevé et je vis le chirurgien qui levait ma jambe plâtrée verticalement avec la sensation qu'elle était toujours à l'horizontale, ce qui parait bizarre. L'anesthésiste me dit que c'est tout à fait normal car le cerveau à enregistré la dernière position avant l'anesthésie faite à base de curare. À midi, je quittais la salle d'opération pour la salle de réveil. Cependant ma main gauche était très froide vu qu'elle était restée longtemps immobile et une infirmière me remit une autre couverture chauffante qui me demandait très souvent si je savais bouger mes pieds. Progressivement, je pouvais d'abord activer le genou droit, puis le pied droit mais cela en voyant la couverture bouger car pour mon cerveau tout était immobile. Le côté gauche se réveilla plus tard car l'anesthésiste avait orienté l'aiguille plus vers la gauche justement. Je ne pouvais pas encore plier mes orteils mais le docteur décida de me faire remonter en chambre vers 13h00. Ce n'est que vers 15h00 que les douleurs ont commencé et l'on me donna aussitôt des calmants. Pour la nuit, je reçu une poche de glace toutes les 2 heures en même temps que la prise des paramètres: tension, pulsation, température. Le lendemain, je ne sentais plus rien et à 15h00, je passais une radiographie de contrôle. Mon frère Gaston me rechercha vers 16h00.

 

                                      

                                       Je revis, avec mon frère, le chirurgien le vendredi 1er septembre à 13h50 qui constata que la plaie est encore gonflée, les hématomes partiellement résorbés après que le 3e plâtre fut coupé avec des ciseaux. Les fils seront seulement enlevés dans 2 semaines malgré que les radios  soient bonnes. Une infirmière refit un pansement et confectionna une botte en résine synthétique de couleur rose, plus léger et plus confortable. Et oui en rose, pourquoi pas ? Retour à la clinique donc le vendredi 15 septembre où cette fois la découpe se fait à la disqueuse… Hum! En fait, c'est une lame vibrante qui me donna de très forte vibration à la hauteur du pied. Cette fois, l'infirmière coupa les 10 fils noir non résorbables et remplaça un pansement après désinfection. Je fis de nouveau un contrôle radiographique où l'on constata que la consolidation est en bonne voie. Cette fois, c'est une attelle de cheville avec cellules d'air avec appui partiel possible mais sans pouvoir marcher. Il m'est en outre prescrit 16 séances de kinésithérapie à raison de 3 fois par semaine à l'aide de massage décontractant et d'une rééducation fonctionnelle afin de retrouver la mobilité de la cheville. Une dernière visite de contrôle avec radio s'est faite le vendredi 6 octobre à 15h10. 

                                       Cependant, il restait un petit point blanc dans la plaie. À la 7e séance de kiné, soit après 9 semaines de l'opération, ce point commençait à grandir rapidement. Le kiné pris aussitôt contact avec mon médecin traitant qui m’ausculta, fit un prélèvement et contacta le chirurgien par téléphone qui m'invita à voir l'un des assistant en urgence à la clinique. Il s'agissant d'une infection qui avait atteint le matériel d'ostéosynthèse placé. Le lendemain, le vendredi 27 octobre, je me rendis à 9h00 à la clinique pour y être à nouveau opéré afin d'enlever la plaque et les vis de ma malléole. La consolidation osseuse était suffisante. Je fus introduit au bloc 5 à 16h45 et transféré sur la table, où l'on m'a placé: couverture chauffante, électrodes, prise de tension et battement, perfusion au cou. L’anesthésiste me fit une péridurale. Tout cela pris une demi heure et alors arriva le chirurgien qui badigeonnât ma jambe de désinfectant, enleva le matériel, nettoya la plaie avec 2 litres de sérum physiologique (NaCl) sous pression (comme un karcher) et recousu. À 17h45, les infirmières débranchent les équipements et placent d'autres couvertures chauffantes. Cela prend encore une demi-heure et ensuite je suis transféré dans mon lit dans la salle de réveil. Après que lentement, je puisse bouger légèrement les jambes, je fus remonté au 6e étage vers 19h30 où l'on me plaça une 2e perfusion au bras avec un antibiotique à large spectre. Le matériel enlevé est parti à l'analyse et mise en culture pour déterminer quel type d'infection. Je suis resté quinze jours en chambre isolée, ce qui parait fort long. Il s'est avéré que le germe est celui du Staphylocoque doré. Ensuite, je pus poursuivre chez moi un traitement avec deux antibiotiques pendant 4 semaines. Je fus invité à rendre visite à un infectiologue le 27 novembre qui me refit prendre une prise de sang. Le taux d'infection ne peut dépasser 5 et il était à 3, alors que le jour avant l'opération, il était de 120.

 

 

                                       Les signes d’une maladie évoluent souvent depuis un certain temps avant qu’on s’aperçoive des anomalies. La difficulté à uriner est un signe fréquemment rencontré chez l'homme. Les causes sont nombreuses et peuvent concerner les différents organes de l'appareil urinaire. L'affection de la prostate est l'une des causes les plus fréquentes pouvant causer une difficulté urinaire. Le traitement qui me fut prodigué à Bouge le 20 avril 2016 de deux alpha-bloquant n'avait rien changé. C'est pourquoi, je décidais de me rendre dans un autre hôpital. Je me rendis alors à Godinne le 3 mai 2018, où je fus examiné par le Professeur Lorge. En effet, le débit de vidange de la vessie était passé de 8 ml/s pour un maximum de 15 en 2016 à 6,7 avec un résidu de vidange vésicale passé de 44 ml à 90 ml. Ma prostate est donc nettement augmentée de volume et un raclage de la prostate via l'urètre avec un résectoscope s'avère nécessaire. Je fus admis le jeudi 31 mai matin après un examen des carotides où l'on constata que celle de droite est obstruée à 70 % et celle de gauche à 50 %, donc à surveiller.

                                       Le lendemain, je quittai la chambre 2211 du 2e étage à 9h30 vers une salle annexe où l'on me plaça sur une table étroite. À 10h15, je fus introduit dans le bloc opératoire par deux infirmières qui me placèrent les différents appareils de contrôle. Un assistant anesthésiste me fit asseoir pour effectuer une péridurale dans le rachis sous les indications d'un anesthésiste. Après un certain temps, un assistant chirurgien plaça le champ stérile et prépara le résectoscope pour l'arrivée du Professeur Lorge à 10h30 précise. Je ne pouvais rien voir, j'entendais à peine leurs conversations et j'avais l'impression que l'on déposait des objets sur mon ventre, mais je n'avais aucune douleur. Cela pris juste une heure. La table d'opération fut emmenée dans la salle de réveil, où l'on me transféra dans mon lit. Cette salle comportait 10 lits mais seul 5 était occupés sous la surveillance de 4 infirmières qui contrôlaient régulièrement les paramètres. Mes jambes commencèrent à se réveiller vers 13h30 et l'on me ramena en chambre mais au 4117 du 4e étage car des travaux étaient prévus au 2e étage pour 6 mois. J'avais une sonde vésicale et deux grosses poches d'un peu plus de 2 litres chacune de sérum physiologique pour le lavage des reins et deux autres pour les rejets. C'est seulement vers 18h00 que le réveil fut complet, mais toujours immobilisé au lit. Le samedi 2 juin à 10h00 passa l'urologue de garde. C'est vers 18h00 que les urines rosées s'éclaircirent et que l'on enleva les sacs de lavage, ce qui me rendit plus autonome. Il me restait la sonde et je pu aller à selle. La sonde fut enlevée le lendemain vers 10h00 et vers 16h00, une échographie de la vessie pour constater qu'il ne restait que 23 ml après trois vidanges. Je quittais l'hôpital le 4 juin à 13h00.

 

                                             F.J-L : 2017/2018

 

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