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9. 7- Un autre Noël.

 

 

 

 

 

 

                                       Une magnifique journée, c'était celle de Noël, bien différente des autres. Je n'avais plus ce vague à l'âme qui me rendait si triste. Même entourés d'êtres chers avec qui nous sommes heureux de passer cette soirée, nous avons au fond de nous le souvenir qui sommeille de nos émerveillements d'enfant devant le sapin et la crèche, l'odeur des bougies, l'excitation d'ouvrir les paquets et de se rendre à la messe de minuit. Ces souvenirs forts de la féerie de ces Noël d'enfance, intenses, merveilleux que je garde au chaud pour ne pas qu'ils s'estompent ou disparaissent. Une autre image s'ouvre devant moi dont je me réjouis. Ainsi, sa poitrine contre la mienne, nous nous embrassâmes longuement. Un immense bonheur montait en nous et nous rendit si heureux, mêlant nos voix et nos lèvres, nous nous aimâmes. Puis comme une morte elle laissa faire mes mains toujours aussi voyageuses et intrépides. Ses yeux s'était clos, sa bouche parlait d'amour dans la mienne. Son corps ivre de bonheur me laissa faire quelques caresses. Nos deux cœurs étaient en déroute mais bien à nous. Et par la fenêtre, le timide soleil fut le témoin de notre passion. Frissonnant d'aise, un sourire ravi vient flotter sur ses lèvres aussi douces que sa peau blanche et j'écoutais palpiter son cœur. Elle se rétracta, faignant de fuir. Pauvrette en extase sous mes lèvres, je baisais doucement ses yeux. En me relevant légèrement pour mieux admirer sa gracieuse silhouette, elle essaya de se dégager et alors, je repris de plus belle. Ce foyer de tendresse et de vie, versa l'amour brûlant de notre cœur commun. Je la savourais heureux comme un petit enfant jouant sur ses genoux. Maintenant le ciel est ouvert, les mystères sont morts et nous chantons le bonheur qui se tient en nous, pour toute une éternité et par l'amour de l'amour qui l'a fait femme...

                                       Puis le lendemain,  elle m'écrit: "Aujourd'hui, après ce charmant lundi, j'ai repris toute en joie mon travail. Tu es un véritable remède; tu me redonnes la joie de vivre et le courage au travail. Comment ne pourrais-je pas t'aimer davantage: ¨aujourd'hui plus qu'hier et bien plus que demain¨. C'est bien vrai; chaque jour qui passe marque davantage mes sentiments. C'est pour cela qu'à mes yeux, tu as cette importance. Pour rien au monde, je ne voudrais te perdre. Je t'aime très profondément, comme on aime pour la première fois et d'une façon merveilleuse. Tu vas me trouver peut-être un peu romantique, mais aujourd'hui, je voudrais être dans tes bras, te caresser le visage. Quand tu m'embrasse, c'est si bon, si merveilleux. Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Le bonheur, le nôtre, se renouvelle tous les sept jours, où je m'enivre de toi et je te contemple avec joie. Alors, je me mets à rêver, je t'imagine près de moi, que ta joue est contre la mienne, je sens ta chaude haleine sur mon visage... Oh ! Qu'il est doux d'être près de toi..."

                                       Le 18 décembre, nous avions été voir au ciné Plaza à Namur la comédie avec Marlène Jobert et Jean Yanne: "Nous ne vieillirons pas ensemble", qui est le récit des trois derniers mois d'une liaison chaotique. Contrairement à ce film, nous espérons vieillir ensemble le plus longtemps possible…

 

                                             F.J-L : 28 décembre 1972

 

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