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9. 9- Enfin, le mariage.

 

 

 

 

 

                                       Le grand jour est enfin arrivé et le plaisir était d'autant plus grand que dès le matin, le soleil inondait déjà de sa douce lumière, la rue et les jardins. Quelques oiseaux murmuraient à tue-tête et très gracieusement tel des papillons légers, les feuilles tournaient et se posaient sans bruit sur l'herbe, dont le soleil réfléchissait la richesse des couleurs. En ce 14 août 1973, le cœur palpitant, respirant à plein poumon, je me rendis à Floreffe et plus précisément à Buzet après être passé chez le fleuriste prendre le bouquet de la mariée que j'offris à ma fiancée quelques temps après mon arrivée. Et oui encore un peu de suspens, la coiffeuse lui faisait une dernière retouche dans sa chambre. Pratiquement, tous les invités étaient là qui attendaient également et je remis la liste des participants au photographe qui avait déjà pris quelques clichés. Arriva le moment tant attendu où elle descendit les marches plus rayonnante que jamais dans sa magnifique robe blanche. Un grand frison parcourait mon échine et les invités applaudissaient. Le photographe organisa la mise en place des couples en énonçant les noms dans l'ordre de préséance.

 

 

                                       Peu avant 10 heures et après quelques photos, le cortège se mit en branle vers la place de Buzet où nous embarquâmes dans les voitures qui nous emmenaient à la maison communale au centre de Floreffe. Arrivant les derniers, les invités avaient formés une haie d'honneur sous la directive du photographe. J'étais au bras de ma mère et Jeannine me suivait au bras de son père. Le bourgmestre, des échevins et le secrétaire communal nous convia vers la salle des mariages. Á la table d'honneur, ma fiancée vint me rejoindre. Après la lecture d'articles de loi sur le mariage, la signature des actes, les paroles bienveillantes du bourgmestre qui nous offrait le carnet de mariage après avoir indiqué les cases à remplir, nous quittions la salle au bras l'un de l'autre enfin unis pour la vie. Á la sortie, le photographe pris encore quelques photos des divers couples de notre suite au pied des marches de la maison communale et nous furent acclamés par de nombreux citoyens de ma nouvelle commune. Nous repartions en voitures vers l'église de la paroisse de Buzet tout en manifestant notre passage avec fracas au bruit de tous les klaxons.

 

 

                                       Á 11 heures, nous arrivâmes au pied de l'escalier de cet édifice où au sommet de son parvis nous attendait le curé de la paroisse. En entrant, les orgues retentirent sous les ovations des paroissiens qui avaient déjà pris place à l'intérieur. Dès que nous arrivâmes au pied de l'autel que la cérémonie commença. Ce furent des instants tellement intenses et émouvants que l'on ne pourra jamais l'oublier. C'est sous le crépitement des flashs des appareils photos que nous échangions nos accords mutuels et nos alliances, avec la communion sous les deux espèces. Nous parvenions même à sublimer nos émotions comme envoûté par la grâce divine ! Pour clore la cérémonie l'orgue entama la marche nuptiale quelque peu écourtée car l'organiste, Florimond Marchal, qui était notre nouveau voisin, avait un train à prendre et nous dit qu'il le rejouerait chez lui. Profondément heureux, nous sortîmes de ce lieu sacré aspergés de grains de riz lancés par des enfants sous les acclamations de la foule. Nous partîmes en cortège vers les voitures. Tandis que les invités se rendaient vers la salle paroissiale, nous prenions la route de l'abbaye de Floreffe. Il faisait toujours aussi radieux en ce lieu mythique que j'avais découvert il y a peu de temps. C'est vraiment un cadre merveilleux pour faire resplendir le charme de nos amours encore naissants et les immortalisés sur papier glacés. Une petite alizée donnait un plein épanouissement à sa toilette comme pour simuler un nouvel envol.

 

 

                                       Encore tout émerveillé de ce qui nous arrive, nous regagnons cet autre lieu pour partager, avec nos deux familles et nos amis, un repas prestigieux et convivial. Au menu: Heure Douce - Cocktail aux Fruits de Mer - Crème Belle Fontaine - Noix de Veau Pince Orloff & Mignonettes - Ananas aux Fruits d'Hawaï - Poulets Bourguignons / Salades Belle du Jour / Cornes Persillées - Colombes du Bonheur - Vins / Café / Liqueur. J'avais installé la veille dans la salle ma chaine Hifi avec enregistreur, tourne-disque, quatre haut-parleurs et deux micros. Pour meubler les attentes entre les divers plats, mon frère Richard s'était affublé d'une couronne de laurier avec des fleurs et ma belle-sœur Raymonde avait subtilisé un chapeau à claque. Après la lecture des nombreux télégrammes et cartes de vœux, ils avaient improvisés quelques divertissements avec des chansons, grimaces et histoires drôles, ce qui agrémentait joyeusement le repas et mettait une bonne ambiance très animée. Le reste de la soirée fut dansante avec le passage de morceaux choisis sur une bande magnétique alternée de quelques disques des années 60 / 70 et quelques twist évidemment. Ce fut une journée riche en émotions et combien inoubliable, un souvenir impérissable...

 

 

                                             F.J-L : septembre 2012

 

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