Pages A4 - 250 à 256.

 

 

9. 2- À la découverte de Floreffe.

 

 

 

 

 

 

                                             E tymologiquement, Floreffe viendrait de "Floricca" qui voudrait dire, "la propriété fleurie". D’origine indo-européenne, ce nom remonterait à la période paléolithique, dite "de la pierre taillées". Des témoignages furent recueillis lors de fouilles entreprises dans la grotte touristique, dont une pointe "moustérienne", un grattoir "aurignacien", un biface (phtanite) et un galet retouché. À l'époque mésolithique, l'homme quitte progressivement les cavernes et nous avons retrouvés sur la croupe rocheuse du Préat des nucléus, lames, pointes, morceaux d'affûtoir en grès et quantité de microlithes à formes géométriques. À l'époque néolithique, l'âge de la "pierre polie", l'homme devient peu à peu agriculteur et éleveur. Ils vivent en petite communauté dans des huttes protégées. Quant aux abris souterrains, ils ne servent qu'à inhumés les morts. Ainsi dans une sépulture au Préat fut trouvé les ossements de deux adultes et de deux enfants, ainsi que deux haches, une lame, un collier composé de dents d'animaux, une mâchoire de loup et une de sanglier. De l'âge des métaux, il n'existe que deux mégalithes. L'une à proximité des Rochers Saint-Pierre à la limite de Franière dite "la grosse pierre gisante" et l'autre à Tremouroux connue sous le nom de "Pierre Sainte-Agathe". De l'époque gallo-romaine, six vases en terre grise furent découverts en creusant les fondations d'une maison en 1925 aux "Quatre Bonniers" qui jouxte le "Sandrau" soit le "vieil oppidum". De la période franque furent retrouvées des armes et des poteries au Préat. Un cimetière franc fut mis à jour au "Tombois" qui était la limite de la juridiction de Floreffe et du Pays de Liège (Malonne). Un écrit relatant la vie de saint Berthuin parle incidemment de la villa Florecia. Soit le centre actuel de Floreffe et au 7e siècle le centre d'un "fundus". À cette époque mérovingienne, le mot "villa" désignait une exploitation agricole relativement importante, relevait du fisc royal, avec l'emploi de nombreux serfs. Elle fut administrée par un certain Odoacre et accompagna souvent saint Berthuin, missionnaire irlandais et fondateur de l'abbaye de Malonne, auprès du puissant maire du palais, Pépin de Herstal. Le premier des monastères Scots en Belgique venait d'être fondé (en 651) par un autre moine irlandais: saint Feuillen, dans le domaine voisin de  Fosses. À l'époque carolingienne, le 9 décembre 856, Lothaire II donnait sa villa de Soye à Ansfrid, comte du palais. En 863, ce dernier la cédait à l'abbaye de Lorsh, en Rheingau. Entretemps la "villa Florecia" fut aliénée et devient la propriété d'un seigneur indépendant, Liutbert. En 1070, la Principauté de Liège avait obtenu de l'Empereur certaines abbayes (Malonne, Fosses et Lobbes), des seigneuries comme Florennes et même Dinant. Entre 1102 et 1121,  le comte de Namur achetait l'alleu de Florefia, qui devient la deuxième ville du comté de Namur, et accordait des libertés à la population locale.

                                             Après sa conversion en 1115, Saint Norbert de Xanten devint un prédicateur itinérant. Passant par Namur, sur le chemin qui le conduisait de Cologne à son prieuré dans l’Aisne (fondé en 1120), il fut reçu par le comte Godefroi 1er de Namur accompagné de sa femme, Ermesinde de Luxembourg, qui impressionné par son zèle pastoral et sa personnalité rayonnante, lui offrit une terre au lieu dit : Floreffia, pour y installer un groupe de disciples. C’est ainsi qu’en 1121 fut fondée l’abbaye de Floreffe, deuxième abbaye des chanoines réguliers de la congrégation de Prémontré. Ils prirent comme devise sur leurs armoiries: Florette flores (que fleurissent les fleurs). Henri l'Aveugle, fils de Godefroi, avait fortifié la ville en 1151 en la ceinturant de remparts percés de quatre portes et munis de nombreuses tours. Baudouin, le comte de Hainaut, investi une première fois Floreffe en 1188 avant de prendre Namur d'assaut. Quant à Henri l'Aveugle, il termina ses jours à Echternach en 1196 et ses restes furent inhumés dans l'église du monastère de Floreffe (le Salvé), aux côtés de ses parents et de sa troisième femme, Agnès de Gueldre. Pendant près de deux siècles, l’abbaye, richement dotée par les comtes de Namur, fait preuve d’une étonnante vitalité en fondant, notamment, sept hôpitaux et hospices, quatre abbayes, dont une en France, une en Allemagne et même, une en Terre Sainte, huit couvents et le prieuré de Leffe qui deviendra également une abbaye. Floreffe, située sur un promontoire dominant la Sambre, occupe une place stratégique importante dans la défense de Namur face à ses puissants voisins. Des guerres de successions dressent les comtes du Hainaut contre ceux de Namur et souffrit de nombreux pillages au passage des armées, plus particulièrement au cours des 13e et 14e siècles. En 1295, Guy 1er, comte de Flandre et marquis de Namur, instituait une compagnie d'arbalétriers à la ville de Floreffe. Le dernier des Dampierre-Luxembourg, Jean III, vendit en 1421 le comté de Namur à Philippe le Bon, duc de Bourgogne. Celui-ci leva dans ses terres des impôts spéciaux appelés "aides". Dés 1430, la guerre se ralluma dans nos régions et Floreffe devint une mairie jusqu'en 1570. La confrérie Notre-Dame fut érigée, le 15 août 1437, dans l'église paroissiale, du consentement de Baudouin de Forvies, abbé du monastère, archidiacre, doyen et official du lieu. La paix durable ne viendra qu’au 18e siècle et les abbés qui administrent le domaine vont en profiter pour reconstruire des bâtiments qui le composent aujourd’hui. Le 23 novembre 1751, le Conseil privé transmettait la décision de l'impératrice. La compagnie des arbalétriers de Floreffe était abolie et anéantie, les arbalétriers étaient admis dans la bourgeoisie. L'année 1777 vit disparaître les dernier droits des habitants de Floreffe dans les bois des religieux et plus de 90% des bois appartenaient à l'abbaye qui est au sommet de sa prospérité lorsque débute la révolution française. En 1794, suite à la victoire française à Fleurus, une partie des abbés émigrent vers l’Allemagne, dans des maisons de leur ordre. L’abbaye est rançonnée, la communauté expulsée et mis en vente. Elle sera cependant rachetée par le chanoine Richard, déguisé en républicain, mais ils ne seront plus aussi nombreux pour y rétablir les Norbertins. En 1819, le petit séminaire épiscopal du diocèse de Namur est établi à Floreffe, avec 265 élèves. Fermé en 1825, sur ordre du gouvernement hollandais, il ouvrira à nouveau ses portes au lendemain de la révolution de 1830. Depuis, l’éventail des sections s’est élargi et le corps professoral, autrefois composé exclusivement de prêtres est maintenant formé d’une grande majorité de laïcs. En 1964 fut construit un bâtiment moderne pour le collège secondaire et en 1967, la section de philosophie déménagea à Salzinnes. Ainsi, il n’y plus de séminariste et on comptait en 1990, 722 élèves en humanités et 417 en primaire (dont 1/3 de filles). En contrebas de l'enceinte de l'abbaye, le moulin-brasserie construit au 13e siècle s'est converti en établissement touristique. Les meules actionnées par l'eau du ruisseau ont disparu et les bâtiments d'architecture industrielle du Moyen-âge ont été remis en valeur dans les années 1970. L’abbaye fêta ses 850 ans d’histoire en 1972.

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Vue aérienne sur l'abbaye (chez moi au fond)

                                             Depuis 1977, quatre communes situées près de la Basse-Sambre se sont regroupées pour former une petite entité regroupant Floreffe, Franière, Floriffoux et Soye. C’est un regroupement de villages semi-ruraux et industriels, à proximité immédiate de Namur dont ils ne voulurent pas adhérer, situé de part et d’autre de la Sambre. Outre son abbaye bien connue, elle cache des coins très pittoresques à découvrir et une riche vie culturelle. Faisant partie de l’Entre-Sambre-et-Meuse, elle compte les groupes de marcheurs militaires comme les Zouaves et les Turcos l’attestent. Parmi les nombreux hameaux de l’entité, deux sont le siège d’une paroisse : Sovimont et Buzet. Deminche et Jodion sont devenus respectivement une annexe des paroisses de Franière et de Soye. D’autres sont des regroupements d’habitations comme, Rissart, Trémouroux, Robersart, Bosquet, Marbais et le quartier de Riverre. Beaucoup plus nombreux sont les lieux-dits peu peuplés comme Hamptia, Forêt, Coriat, Maulenne, Lakisse, et le beau bois du Duc.

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L'entrée et la ferme de l'abbaye - Château des grottes

                                             Quant aux sites intéressants, nous avons les grottes situées au croisement de la RN 90 et des routes menant à Buzet et à Sovimont. C'est là que furent découvert quatre squelettes du néolithique, des silex et quelques objets qui sont conservés au château dit "des grottes" situé sur un promontoire et construit en 1876, auquel fut ajouté deux tours romanes d'un caractère original et pittoresque. Nous pouvons aussi y admiré six salles: celle de la Momie, des Marionnettes, des Vulcains, des Paniers, du Trou du diable et du Dôme d'où les stalactites pendent des voûtes comme des ornements de cristal et une draperie blanche de carbonate de chaux étale ses plis capricieux qui resplendissent aux feux de lumières. La Ferme de Robersart, tiendrait son nom du terrain "essarté de Robert", situé sur un promontoire 50 mètres plus haut que l'abbaye, faisait partie des biens donnés aux religieux en 1121, incluse dans le mur d'enceinte et construite en pierre. Une partie du bâtiment actuel date de 1712 et fut vendue par le gouvernement français en 1797. Le porche a été transformé en 1850 et le corps de logis a été reconstruit en 1954, suite aux destructions par un bombardement accidentel américain en mars 1944. La ferme fut rachetée par la famille Galet qui l'occupe actuellement en 1946 et regroupe une centaine d'hectares. Au centre de la cour se trouve une potale en pierre avec une niche en forme de mitre datée de 1700. Elle est dédiée à Notre-Dame de Hal. Acquise au Comte de Namur par l'abbaye en 1125, la Ferme d'Hamptia fut construite sous l'abbatiat d'Henri d'Eersel (1592-1607). Ses armoiries datées de 1596 et sa devise "Candide" figurent au dessus de la porte d'entrée de la tour placée au milieu du corps de logis. Son logis de gauche comporte quatre fenêtres à meneaux. La partie droite est prolongée par des étables remaniées au 18e siècle. Une grange datée de 1777 lui fait face ainsi que des annexes plus récentes. La ferme était exploitée par les domestiques de l'abbaye. Elle est maintenant propriété de l'évêché et est mise en location avec 35 hectares de terres agricoles. L'église de Franière est très ancienne, dédiée à Sainte-Agathe, et daterait de 1191. La tour romane et les parties basses qui sont encore conservées en font foi. Construite en gré et en calcaire, elle est coiffée d'un petit clocher et prolongée par un corps à trois nefs. Une pierre scellée dans un mur rappelle la construction du chœur et des collatéraux en 1634. L'église subit des transformations en 1700 (nouvelles voûtes) ainsi qu'au 19e siècle (remplacement des collatéraux). L'intérieur est rythmé par trois arcades reposant sur des colonnes qui penchaient dangereusement. En 1985, l'église a été entièrement restaurée. Elle contient quelques belles statues dont celle de Saint-Amand (en bois) et Saint-Hubert (en terre cuite) perché au centre des murs latéraux dans de petits autels en bois (imitation marbre). Les statues de Saint-Roch, Saint-Eloi et Sainte-Agathe sont aussi remarquables. L'orgue fort détérioré fut restauré en 1993.

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Eglise & presbytère de Franière - Chapelle St. Martin à Jodion

                                             Située au milieu des champs, proche d'un petit camping et du hameau de Buzet, la Ferme de Robionoit est constituée essentiellement de pierre. Son nom désignait un terrain de Robert planté d'aulnes. Un manoir y existait au 13e siècle qui devint la propriété de l'abbaye jusqu'à la révolution française et actuellement propriété des "de Dorlodot". Autrefois marécageuses, certaines de ses terres ont étés drainées et asséchées. La ferme possède un haut corps de logis et de longues étables couvertes de tuiles rouges. L'ensemble a subi de nombreux remaniements. L'escalier de l'entrée a notamment été retiré. Depuis 1977, elle est louée à Joseph Cornette. C'est la plus grosse exploitation de Floreffe avec 180 hectares. Sur le site du zoning de Malonne existait la Ferme de la lache, dés 1281. Les terres avaient appartenu à l'abbaye de Malonne avant de devenir propriété de la commune de Floriffoux et les regains étaient à la disposition du bétail des habitants pauvres. Sous l'occupation française, elle regroupait 55 hectares. Elle fut expropriée au début des années septante, puis rasée. Les bâtiments étaient situés contre l'ancienne Sambre et on y trouvait une chapelle depuis 1847. Accolée à une tour carrée, près de l'ancienne Sambre, en pierre et en briques surmontée d'un clocheton très travaillé éclairé par quatre lucarnes et surmonté d'une flèche à ressauts qui témoigne d'un grand art, se trouve la Ferme de la tour. Sous le portail du corps de logis, on aperçoit une pierre aux armes de Pierre Gaiffier (1543-1595), échevin et bourgmestre de Namur et ancien propriétaire du lieu. Sur une autre partie éclairée par de grandes fenêtres à meneaux, une autre pierre porte la date de 1702. Bien qu'elle soit vide, la tour était un poste d'observation idéal et est la partie la plus attrayante qui compte également une vaste grange. À proximité, la Ferme Valentin qui doit son nom à un ancien propriétaire en 1650: Jean Valentin. Occupée par la famille Chaudron vers 1765, de même que la ferme de la tour, elle passa par mariage à la famille Gubin dont un des membres de la famille donna son nom à la rue. Georges et Fernand Debilde achetèrent les deux exploitations à la comtesse Louise Jourda de Vaux en 1956. C'est la seule ferme encore en exploitation à Floriffoux avec 150 hectares. L'ancien presbytère de Franière fut construit en 1626. En juillet 1798, il fut vendu, avec tous les biens en dépendant, par la République française à Roghin et mis en location, le 12 octobre 1802, au curé Vos de Franière. De 1808 à 1834 fut régi par le maire et le curé de Floreffe. Propriété du cordonnier Arnold Maquim vers 1900, fut à nouveau revendue en 1906 à François Philippot. Leur fille, Marie épousa Nestor Ramlot. L'aînée de leurs enfants, Marie-Louise l'occupe toujours actuellement. La partie avant du presbytère fut rehaussée au 18e siècle. Le bâtiment possédait aussi une grange, un fournil et une écurie. Ses hautes fenêtres à meneaux éclairent trois grandes pièces soutenues par de belles poutres sculptées. La pièce centrale comporte une belle cheminée où subsiste une petite partie de pavement en damier d'origine ainsi qu'une armoire murale en bois. Plusieurs fois remaniée, l'ancienne demeure des Prémontrés a été sablée en 1981, ce qui lui donne un très bel effet. Longue de vingt mètres, la Chapelle Saint-Martin de Jodion est comme une petite église et date de 1629. Elle est construite en grès, surmontée d'un petit clocheton et éclairée par trois fenêtres en ogives de chaque côté. Son pavement est fait de larges dalles en pierres et de plus petite dans le chœur auquel on accède par deux marches avec son plafond en ogives et son autel d'une grande simplicité. Le petit autel latéral de gauche est dédié à la Vierge, celui de droite à Saint-Martin et à l'arrière celui de Sainte-Marie dont l'autel en bois est peint en bleu. Une corde actionne la cloche et des toiles évoquant des scènes religieuses ornent également les murs latéraux. Depuis 1994, il n'y a plus d'office et à côté jouxte un petit cimetière.

Chapelle ND des AffligésChapelle StChâteau de DorlodotMaison communale

Chapelles ND des Affligés & St. Roch - Château de Dorlodot - Maison communale

                                             La Chapelle Notre-Dame des Affligés, construite en 1632 et restaurée une première fois en 1842, se dressait sur un promontoire qui fut nivelé pour faire place à la route nationale 90. Reconstruite en 1968, à une centaine de mètres de là, elle jouxte désormais le Carmel. Elle aurait été construite par la population floreffoise reconnaissante d'avoir échappée à l'épidémie de la peste au lieu dit "Coriat". De l'autre de la RN 90, au milieu du bois, se dresse un monument abritant une statue de Sainte-Renelde à l'endroit où jaillit une source réputée miraculeuse et aménagée par la famille de Dorlodot en 1900. La Chapelle Saint-Roch de Floreffe est située sur la colline en face de l'abbaye contre de gros tilleuls. Construite en 1632 suite à une épidémie de peste, elle a gardé ses vieux bancs et a un plafond constitué de lambris ainsi que le petit jubé situé à l'avant où se trouvent deux anciens lutrins. Un allongement en pierre a été réalisé en 1744 et surmontée d'un clocheton. Les statues Saint-Roch et Saint-Fiacre en bois polychromes ont été retirées pour des raisons de sécurité. Depuis 1971 la marche "Saint-Roch" fut remise à l'honneur et se déroule tout les quatre ans, le dimanche qui suit le 15 août. De forme octogonale, la Chapelle Saint-Roch de Soye fut construite en 1636 par la baronne Anne de Lonchin, pour conjurer une épidémie de peste. Elle appartenait autrefois à l'abbaye de Floreffe, maintenant propriété communale, et fut restaurée à l'occasion de son 300e anniversaire grâce au bénéfice d'une ducasse. Près de la Sambre se dresse une grande demeure, le château de Floriffoux. C'est une ancienne ferme-château, plusieurs fois transformée, dont le grand portail cintré porte la date de 1638. Une partie fut rasée de telle sorte qu'il ne subsiste que trois tours carrées, dont la tour ouest qui fut rebâtie au 19e siècle, à part la base en moellons de grès. Elle est éclairée par une trentaine de fenêtres de chaque côté. En 1870, une branche des "de Dorlodot" l'acheta aux "de Coppin de Grinchamps" qui migrèrent à Moustier et qui possédait un autre château à l'orée du bois "de Poujoux" vers Suarlée. Ce dernier était un pavillon de chasse qui existait sous le régime autrichien et qui fut acquis en 1931 par Jean van Oldeneel tot Oldenzeel, d'origine hollandaise. Le château-ferme de Soye fut construit vers 1663-1665 par François-Philippe d'Yve et son épouse à l'emplacement de l'ancien château qui fut démoli. Il avait obtenu du roi d'Espagne l'érection en baronnage des terres de Soye et de Jodion. Le baron de Blommaert acheta l'ensemble en 1812 et, par d'importants travaux, lui donna son aspect actuel. En 1923, le château devint la propriété de la famille Bauche. La très belle ferme attenante ainsi les terres et les bois furent acquis vers 1920 par Léon Empain et son épouse, important industriel de Manage, et racheté en 1992 par Gérard Bauche.

Château de SoyeChapelle StsFerme Stordoir Sovimont

Château de Soye - Chapelle Sts. Pierre & Paul - Ferme du Stordoir

                                             Face à l'ancienne glacerie de Franière se situe la Chapelle Saint-Pierre et Paul qui, d'après une pierre scellée dans le pavement, a été construite en 1674. Elle est blottie contre un haut tilleul. Sur le côté gauche, une grosse porte en bois permet d'y entrer. Eclairée par cinq fenêtres protégées par des barreaux, la chapelle est coiffée d'un joli clocheton. L'autel massif est d'un style tout à fait unique, il est surmonté de plusieurs logettes où se nichent quelques statues. À gauche est installé un banc portant l'inscription "Candide 1604", la devise de l'abbé de Floreffe, Henri d'Eersel. Un petit jubé est accessible par un escalier en bois situé à côté de la corde qui permet de faire sonner la cloche. Depuis 1974 se déroule la "Marche de la Saint-Pierre" qui a lieu le dimanche qui se rapproche le plus du 29 juin. Sur la route de Buzet, peu après les anciennes carrières de dolomies, se trouve un ancien moulin à huile ou Stordoir, issu de la transformation vers 1680 d'une forge installée par l'abbaye au Moyen-âge. On y écrasait les graines de colza pour en extraire l'huile et les glands de hêtre. Elle fut rebâtie en 1734. La partie droite était une ferme, la partie gauche comprenait la machinerie du moulin qui est ouverte par une large porte en plein cintre. Deux mètres plus bas se trouvait la roue fixe et couchée sur laquelle tournaient deux autres roues qui écrasaient les grains pour en extraire l'huile. Elles étaient fixées sur un axe et reliées par des engrenages à la roue à aube, elle-même alimentée par les eaux du bief et de plusieurs étangs en amont. Seule la grande roue fixe subsiste qui fait 2,10 mètres de diamètre, de 40 centimètres d'épaisseur et pesant entre deux et trois tonnes. Dominant le plateau, la Ferme Deminche est un grand quadrilatère en brique chaulée et en pierre bleue. La partie la plus ancienne est sa grange volumineuse datée de 1731 et contre laquelle sont accolées deux remises à chariots à portail jumelé. Mais elle a perdu sa vocation agricole. À proximité du pont, se situe la Ferme de la Sambre datant de 1755, ainsi que le porche d'entrée gauche et une grange transformée en partie en étable. L'ensemble des bâtiments chaulés a été séparé en deux par une étable et le logis de gauche loué à des particuliers. Le fermier habitant la partie droite à deux étages et demi l'a vendue en 1996 et n'est plus exploitée.

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Eglise de Soye & de Buzet - Borne potale à Buzet

                                             Face à la chapelle Saint-Martin, la grande Ferme de Jodion qui daterait de 1740 figurait parmi les exploitations les plus importantes de la région (154 hectares). La cour intérieure frappe d'ailleurs par ses vastes proportions. De part et d'autre du corps de logis se déploient les étables, une vaste grange et les anciennes porcheries. Le 19 fructidor de l'an V soit le 5 septembre 1798, elle fut rachetée par sept religieux de Floreffe et est actuellement propriété de l'évêché de Namur. L'ensemble a subi diverses transformations. Elle fut louée à partir de 1934 par la famille Bauche. Située près du château, l'église de Soye date de 1754 et remplace un édifice plus ancien (de 964). On y trouve deux anciennes pierres tombales dont l'une de jan Ernotte, pasteur qui décéda en 1613. Entre 1949 et 1960, elle subit de nombreuses transformations. Les boiseries du chœur furent enlevées, les bancs de communion en bois remplacés par du marbre. Dans l'autel latéral, il y a la belle statue de Saint-Amand, patron de la paroisse. La chaire de vérité a été démontée. Les loges latérales abritent différentes statues: Saint-Eloi, Saint-Jean-Baptiste, Sainte Barbe et Sainte Julienne. Parmi les objets de culte, un plateau d'argent offert par la Marquise d'Yve en 1811. Repeinte en 1976, l'église a perdu son ancienne orgue pour une électrique. Face à l'entrée se trouve la grande chapelle funéraires des "de Blommaert" anciens châtelains. L'abbaye avait fait construire une chapelle à Buzet en 1765 et fut érigée en "chapellerie". Avec le développement du nombre d'habitant, le hameau fut érigé en paroisse en 1894 et en 1899 fut construite une nouvelle église de Buzet grâce à de nombreux dons. De style néo-roman, elle est toute en pierre façonnée par les gens de la région. Les plafonds en bois (lambis) où l'on trouve inscrit les dix commandements et les grandes statues, qui ornent les côtés, lui donne une chaleur bienvenue. De beaux vitraux ornent le chœur et le centre de l'édifice. À gauche se trouve l'autel de la Vierge et à droite celui du saint patron: Saint-Ghislain.

Chapelle de SoyeCharbonnage FloriffouxGare de Floreffe

Chapelle de Soye - Ancien charbonnage - Gare de Floreffe

                                             En bordure de Sambre, l'ère industrielle marque de son empreinte le paysage par quelques faits majeurs. En 1822 s'ouvrit le charbonnage du Bois planté. Il n'y avait qu'un puit d'extraction d'une profondeur de 120 mètres. L'exploitation minière à Floriffoux s'arrêta en 1924. Le site accueillit par la suite le tir aux pigeons (le tir aux clays n'existait encore). En 1980, un important centre de la Croix Bleue vint s'installer. Une autre activité ancienne de Floreffe, la boulangerie Robaux créée en 1833 et toujours en activité. En 1843, il y eut l'inauguration de la ligne de chemin de fer Liège-Mons avec les gares de Floreffe et Franière. Entre l'ancienne Sambre et la rue Riverre s'installa en 1849 une fabrique de produits chimique et ensuite des produits pour la confection du verre lorsque l'importante Glacerie de Floreffe se développa juste à côté en 1854. La manufacture de glaces coulées était composée de trois fours de fusion, de fours à recuire, de machines à doucir et à polir les glaces. En 1860, elle occupait 600 ouvriers et créa une filiale en France à Jeumont mais fusionna en 1931 avec la société Glaver et ferma ses portes en 1932, suite à la concurrence extérieur et à la vétusté de ses installations. Quant à la Glacerie de Franière, elle fut créée en 1898 et était une filiale de la compagnie française Saint-Gobain. Parallèlement à l'activité "glace", l'usine connu une activité "verres coulés" blancs et colorés. En 1973, c'est l'absorption par les Glaceries Saint-Roch et s'oriente vers la fabrication du verre isolant pour le bâtiment. En 1984, reçut l'activité de Jemeppe de verres trempés et feuilletés pour fermer ses portes en 1993. Il y eu une unité "Techniver" pour le verre trempé qui s'installa à Mornimont et une unité "Caliglas" pour le verre feuilleté à Floreffe jusqu'en 2000. La Boulonnerie de Franière bâtie en 1900 près de la gare fabriquait des boulons, des écrous et des rivets. Elle fusionna avec les Boulonneries de Lodelinsart en 1931 et cessa ses activités en 1954. Elle occupait 82 ouvriers. La Plumerie de Floreffe fut fondée en 1908 par le baron Joseph de Dorlodot. Les ateliers étaient situé rue de la gare où s'établissait les établissements Gigot. C'était la seule fabrique de plumes en Belgique jusqu'en 1928 suite à l'apparition des portes-plumes réservoirs. Derrière la gare s'était installée une Poterie (terre cuite) vers 1913 jusqu'en 1939. Elle fut remplacée en 1953 par une scierie ne traitant que le chêne. Les bâtiments de l'ancienne glacerie de Floreffe furent occupés par la Laiterie de Floreffe, sous forme de société coopérative, en 1965. Suite à la restructuration de tout le secteur laitier et l'absorption par Sud-Lait, la laiterie de Floreffe ferma ses portes en 1975 et licencia ses 52 travailleurs. Quant à la Société Materne, créée en 1888 à Wépion, à fusionné avec Confilux en 1977 et s'est établie dans le zoning de Floreffe en 1980. Elle est l'un des plus grands producteurs européens de confitures, compotes et purs jus de fruits pressés avec 435 ouvriers et employés.

Château de FranièrePlumes FloreffeZonning Sambre FloriffouxEglise de Floriffoux

Château de Franière - Plumes de Floreffe - Zoning - Eglise de Floriffoux

                                             Une première église de Floriffoux fut érigée en 1848. Elle était assez petite,  était éclairée par quatre fenêtres et pourvue d'un petit clocher. Vu l'augmentation de la population, il fut décidé en 1906 de construire un nouvel édifice. De style néo-gothique, l'église Sainte-Gertrude est un élégant bâtiment en pierre, harmonieusement intégrée dans la vallée. Son maître-autel en marbre et en laiton illustre plusieurs siècles de la bible. Les autels latéraux sont en pierres et décorés d'icônes. Celui de droite est dédié à la Vierge, l'autre à Sainte-Gertrude. Les onze fenêtres sont éclairées par d'élégants vitraux illustrant Sainte-Barbe, Sainte-Thérèse, Saint-Pierre, Saint-Paul, Saint-Hubert, Saint-Gérard Magel, Saint-Antoine et Saint-Gonzague. Le plafond est fait de bois lambrissé. Dissimulé dans le bois de Forêt le long de la route nationale 90, le Château de Dorlodot fut bâti en 1866, bâtiment quelque peu austère. C'était une ancienne propriété de l'abbaye. Originaire de Picardie en France, les "de Dorlodot" sont une grande famille anoblie qui sont impliqués dans diverses sociétés: Solvay, le Bon pain, le journal: L'Union sociale, Sidico, Analis, les Mutualités chrétiennes, la Clinique Saint-Luc de Bouge, etc. Sur les hauteurs partant des grottes, l'église de Sovimont est en forme de croix et a été construite en pierre en 1897. Elle est d'un aspect clair à l'extérieur mais plutôt grisâtre à l'intérieur, seuls trois vitraux du chœur égaient l'ensemble. Celui de gauche représente Saint-Norbert, celui du centre Saint-Thomas d'Aquin et celui de droite Sainte Julienne. Le maître-autel est en marbre, dans la niche du petit autel au dessus des orgues se trouve le buste de Saint-Feuillen et de l'autre côté celui de Saint-Berthuin. Dans le coin gauche trône le baptistère de style moderne. Situé entre la maison communale et la grande chaussée, le couvent des carmélites. Le Carmel date de 1908. Il est entouré d'un mur de pierre et ouvert par un portail de même style. La chapelle située à l'étage a été rénovée et agrandie avec un autel dédié à Sainte Thérèse d'Avila. On y dit la messe dominicale. Très sobre et éclairée par quatre vitraux de style naïf. Les moniales suivent l'office dans une annexe à gauche à l'abri des regards. C'est sur la colline en face de l'ancienne glacerie de Franière que fut élevé le Calvaire en 1930. Sa taille est impressionnante mais nullement écrasante ou maussade. La blancheur des personnages leur donne un côté apaisant et éclairant. Un chemin de croix a été établi en contrebas près de la grotte Notre-Dame de Lourdes. Un éclairage illumine chaque soir la statue de Sainte-Bernadette, en pierre bleue de Denée. La Sambre, canalisée en 1828, a subi de nombreuses modifications. C'est lors de son dernier redressement que fut construite l'écluse de Floriffoux en 1963. Composée d'un haut bâtiment surplombant le fleuve, elle est entièrement automatisée avec d'un côté le barrage de déviation avec ses vannes et de l'autre l'écluse longue de 110 mètres et large de 12 mètres. À proximité, est venue s'installer une petite centrale hydroélectrique en 1993.

Carmel de FloreffeCalvaire à FranièreEcluse de Floriffoux

Carmel de Floreffe - Calvaire de Franière - Ecluse de Floriffoux

                                             F.J-L : juin 2010

 

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